
Les étés secs et caniculaires ont transformé terrasses et jardins en territoire privilégié des guêpes, frelons, abeilles et autres bourdons. Le moindre repas dehors se transforme parfois en duel silencieux avec ces visiteuses dont la piqûre peut laisser un souvenir cuisant, surtout pour les personnes vulnérables.
Chez certains, la simple présence d’un de ces insectes suffit à faire grimper le rythme cardiaque. Pour ceux qui réagissent violemment à une piqûre, le risque va bien au-delà de la douleur : le choc anaphylactique guette, tapie derrière la moindre bousculade.
Après une mauvaise rencontre avec une guêpe, la question s’est imposée : comment faire face à ces attaques sans risquer de se faire piquer, ni porter préjudice à la biodiversité ?
Différencier guêpes, abeilles, frelons, taons et bourdons
Pour ne pas confondre et agir à bon escient, voici ce qui distingue ces insectes souvent confondus :
-
Guêpe : Facile à repérer avec ses rayures noires et jaunes très marquées. Elle pique sans perdre la vie, peut revenir à la charge, se montre volontiers téméraire près des aliments sucrés.
- Abeille : Son pelage brun-gris, moins éclatant que la guêpe, la trahit. Elle préfère le nectar des fleurs et ne s’intéresse que rarement à nos assiettes. Lorsqu’elle pique pour se défendre, elle y laisse son dard… et sa vie.
- Frelon : Imposant, il sème la panique aussi bien en Asie qu’en Europe. Il attaque parfois les ruches et n’hésite pas à affronter d’autres insectes. Sa taille et son agressivité marquent les esprits.
-
Taon : Au Québec, ce nom est utilisé pour désigner de grosses mouches sanguinaires, bien différentes des bourdons. Ces mouches mordent les mammifères (humains compris) pour se nourrir de sang. On les surnomme parfois mouche de cerf ou mouche d’orignal ; leur robustesse en fait des adversaires coriaces.
- Bourdon : Cousin trapu de l’abeille, le bourdon est un pollinisateur paisible. Il partage sa robe duveteuse et ses couleurs, mais n’attaque qu’en tout dernier recours pour protéger son nid, au prix de sa vie.
Quand faire appel à un professionnel ?
Pour les personnes réellement phobiques ou allergiques, il existe une solution radicale : contacter un expert local en désinsectisation. Ce service, souvent onéreux, comprend la détection et la suppression du nid. Les apiculteurs récupèrent volontiers les essaims d’abeilles, mais les nids de guêpes, eux, sont éliminés, car ils n’ont pas d’intérêt pour la filière.
Des insecticides, mais avec précaution
Les nids de guêpes aiment se planquer dans les recoins difficiles d’accès : murs de cabanons, greniers, garages. Les déloger n’a rien d’une mince affaire. On trouve dans le commerce des bombes et poudres insecticides, à manipuler avec la plus grande vigilance. Ces produits coûtent souvent une dizaine d’euros et s’avèrent toxiques pour l’homme et les animaux domestiques.
Si l’éradication s’impose, il est conseillé d’agir à la nuit tombée, lorsque les guêpes sont moins actives. Un éclairage discret, une visée précise, et surtout des gestes sûrs sont de mise pour limiter les risques.
Fabriquer un piège à guêpes maison, économique et écologique
Pour ceux qui souhaitent éviter les insecticides ou ne parviennent pas à localiser le nid, il existe une alternative accessible : concevoir soi-même un piège à guêpes. Les modèles vendus dans le commerce, comme celui de la marque Raid (comptez une dizaine d’euros), se parent d’un joli design mais offrent des résultats mitigés. Des modèles plus modestes coûtent moins cher mais remplissent la même fonction. Certains pièges imitent un nid de frelon, dissuadant ainsi les guêpes de s’installer à proximité.
Matériel nécessaire pour fabriquer un piège à guêpes
Voici ce qu’il vous faut pour réaliser ce piège, avec des objets du quotidien :
- Bouteille plastique de 1,5 à 2 litres (bouteille de soda vide par exemple)
- Une paire de ciseaux
- Du ruban adhésif
- Un morceau de ficelle d’environ un mètre
- Un tube de 30 cm
- 250 ml d’un liquide sucré (cola, sirop, grenadine…)
Les étapes de fabrication
Procédez étape par étape pour assembler un piège efficace :
- Découpez la bouteille pour que le haut forme un entonnoir
- Placez cet entonnoir à l’envers à l’intérieur de la bouteille
- Le bouchon peut être conservé si vous y percez un trou
- Percez les côtés pour insérer le tube
- Versez environ 4 cm de liquide sucré au fond
- Solidarisez le tout avec du ruban adhésif
- Glissez la cordelette dans le tube et suspendez le piège où nécessaire
Attirées par l’odeur du sucre, les guêpes entrent par l’entonnoir, s’empêtrent et finissent noyées dans le liquide. Après quelques jours, il n’est pas rare de retrouver des dizaines d’insectes prisonniers de ce dispositif, loin de votre table de jardin.
Des kits tout prêts existent dans les grandes surfaces, mais leur prix reste souvent disproportionné par rapport à la simplicité du bricolage maison.
À surveiller : les limites du dispositif
En cas de pluie, mieux vaut placer le piège à l’abri pour éviter qu’il ne se remplisse d’eau. Pour limiter ce souci, une variante consiste à retourner l’entonnoir et à le fixer sous la bouteille.
Pour les adeptes du tout-prêt, le « Fatal Funnel » propose un entonnoir compact à fixer sur le côté d’une bouteille. Quel que soit le modèle, pensez à renouveler le liquide sucré chaque semaine pour maintenir l’efficacité du piège. Un piège saturé de cadavres devient rapidement inefficace, les guêpes n’étant pas dupes.
À chacun sa méthode, mais la vigilance reste de mise : la cohabitation avec ces insectes n’a rien d’un long fleuve tranquille. Entre débrouille, prudence et petits bricolages, l’été se savoure mieux sans piqûre surprise.






